BLANCHIMENT D’ARGENT: DES PERTES RECORD POUR L’ETAT

En 10 ans, plus de 1000 milliards de manque à gagner.

L’information est du directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), Hubert NdeSambone. Il nous apprend ainsi que de 2006 à 2017, 1049,917 milliards de frs cfa ont été blanchis par des techniciens du blanchiment d’argent. Il ajoute que durant cette période, 650 déclarations de soupçons ont été transmises à la justice sur 3278 dossiers reçus. Le combat contre cette pratique est particulièrement ardue, vu que les experts de ladite pratique développent au fil des ans des stratégies bien huilées  afin d’échapper aux grippes de l’Anif. Mais que deviennent tous ces capitaux ? L’on apprend que les fonds publics détournés par des agents de l’Etat sont souvent réinjectés dans le circuit économique, à travers des prises de participation dans des entreprises locales ou étrangères ; ou encore des investissements colossaux dans des biens immobiliers dans le pays et à l’extérieur.

 

D’ailleurs, NdeSambone révèle que c’est au sein de l’administration que l’on recense le plus de cas. La pratique est très prisée des fonctionnaires, dont on se demande souvent d’où vient leur fortune, lorsqu’après quelques années de service ou même avant, ils se lancent dans des investissements qui suscitent des envies. Pour l’Anif, tout réside dans la corruption et les détournements de fonds publics dont les fruits sont réinjectés dans le secteur informel. C’est la substance du blanchiment des capitaux. Le directeur de l’Anif explique dès lors que ce fléau surfe sur la finance mobile, un faible encadrement des organismes à but non lucratif (on peut s’interroger sur la profusion des Ong) et un vide juridique. Ainsi, ministres, Dg, hauts fonctionnaires… utilisent la stratégie des prête-noms, prennent des parts dans des sociétés souvent prospères, sous le couvert d’un faux propriétaire. Seulement, les fonctionnaires ne sont pas les seuls concernés. Grâce à l’apport des services de renseignements financiers internationaux, l’Anif a découvert que des hommes d’affaires camerounais et même des fonctionnaires, ont des actions dans des entreprises occidentales. Cet argent peut aussi servir à financer le terrorisme, à encourager la fraude fiscale et tous types de trafics. L’Etat se retrouve ainsi en train de perdre des devises et des fonds.

 

Kami Jefferson

Source: EMERGENCE

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